Amortir un fourgon en auto-entreprise n’est pas possible si vous restez en micro-entreprise. Le régime micro applique un abattement forfaitaire et ne permet pas de déduire les charges réelles, y compris l’amortissement. Si le véhicule pèse lourd dans vos coûts, il faut comparer ce forfait à vos frais réels et regarder un passage au régime réel.2, 3, 4
En 10 à 20 minutes, ce guide vous aide à choisir entre trois pistes : rester en micro, regarder la TVA sur les utilitaires, ou préparer un régime réel.
Dans ce guide, « auto-entreprise » renvoie au cadre de la micro-entreprise de l’entrepreneur individuel.2
Ce qui change en 2026
À partir du , toutes les entreprises devront aussi pouvoir recevoir des factures électroniques. Gardez donc dès maintenant une facture d’achat claire et complète, surtout si vous pensez sortir du micro plus tard.1
À retenir
- Amortir un fourgon en auto-entreprise n’est pas possible si vous restez en micro-entreprise.2, 3, 4
- En micro, vous ne déduisez pas vos charges réelles et un auto-entrepreneur ne peut pas amortir son matériel.2, 3
- Un micro-entrepreneur peut renoncer à la franchise en base, devenir redevable de la TVA tout en gardant le statut micro.6, 7, 8
- En 2026, le régime micro va jusqu’à 203 100 € pour les ventes et 83 600 € pour les prestations de services ou les BNC.4
- Pour la TVA, la qualification du véhicule compte beaucoup et plusieurs rangs de sièges peuvent changer le traitement.7, 8
- Si vous passez au réel, l’amortissement démarre à la mise en service effective et la première année se calcule au prorata du temps utilisé.9
- Les pièces comptables doivent être conservées 10 ans.2
- Le calendrier de facturation électronique approche : réception obligatoire à partir du 1er septembre 2026, émission pour les micro-entreprises à partir du 1er septembre 2027.1
Sommaire
Avant de commencer
- Prérequis : votre dernier chiffre d’affaires, la facture ou le devis du fourgon, la carte grise si le véhicule est déjà acheté, et un accès à votre espace Urssaf ou impôts.
- Outils : une calculatrice, un tableur ou simplement une feuille et un stylo.
- Temps : 10 minutes pour trancher le cas micro, 30 à 45 minutes pour préparer un passage au réel.
- Coût : aucun coût administratif pour faire le diagnostic vous-même ; honoraires variables si vous faites valider le dossier.
Rappel utile : en micro, acheter un fourgon ne fait pas baisser vos cotisations sociales automatiquement. Le régime micro-social se calcule sur le chiffre d’affaires déclaré.5
Cas à surveiller : activité mixte, usage personnel du véhicule, plusieurs rangs de sièges, achat via crédit-bail ou location avec option d’achat, et accessoires montés en même temps que le fourgon.
Étapes
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Régime
Vérifiez d’abord votre régime dans votre dernière déclaration ou votre espace professionnel. En auto-entreprise, vous êtes en principe au régime micro, sauf si vous avez opté pour un régime réel d’imposition.2, 4
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Non en micro
Si vous êtes encore au micro, n’ouvrez pas un tableau d’amortissement pour votre déclaration actuelle. En micro, vous ne déduisez pas vos charges réelles et Bercy rappelle qu’un auto-entrepreneur ne peut pas amortir son matériel.2, 3
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Forfait
Repérez votre taux d’abattement, dans le cas général : 71 % en vente, 50 % en prestations BIC, 34 % en BNC, avec un minimum de 305 €. Faites ensuite le calcul : chiffre d’affaires annuel × taux = forfait fiscal actuel.3
Calcul rapide : forfait micro = CA annuel × taux d’abattement.
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Coûts
Listez sur 12 mois ce que le véhicule vous coûte vraiment : achat ou loyer, assurance, entretien, pneus, carburant, péages, stationnement, et gros accessoires fixes, et pour estimer le coût total, consultez notre calcul du TCO. Notez aussi la date de mise en service du fourgon : si vous passez au réel, c’est elle qui sert de point de départ à l’amortissement.9
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Seuils
Comparez votre chiffre d’affaires aux seuils 2026. En 2026, le régime micro va jusqu’à 203 100 € pour les ventes et 83 600 € pour les prestations de services ou les BNC ; au-delà, vous quittez le micro.4
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Choix
Si le forfait reste intéressant, gardez la simplicité du micro. Si le fourgon pèse lourd sur votre marge, préparez une option pour un régime réel et vérifiez la bonne échéance auprès de votre service des impôts des entreprises.4
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Catégorie
Avant d’acheter, vérifiez la carte grise ou la fiche technique. Pour la TVA, la séparation la plus utile est la suivante : véhicule surtout conçu pour transporter des personnes, ou véhicule de catégorie N surtout conçu pour transporter des marchandises. Plusieurs rangs de sièges peuvent changer le traitement.7, 8
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Base
Si vous passez au réel, calculez une base amortissable propre. En pratique, elle se calcule hors TVA si la taxe est récupérable dans votre cas ; si la TVA n’ouvre pas droit à déduction, la base se calcule TTC.7, 10
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Calcul
Calculez en linéaire : base amortissable ÷ durée d’utilisation retenue. L’amortissement démarre à la mise en service effective, et la première année se calcule au prorata du temps utilisé.9
Calcul rapide : amortissement linéaire = base amortissable ÷ durée d’utilisation, puis prorata la première année.
Exemple purement illustratif : sur une base de 36 000 € et une durée choisie de 5 ans, l’annuité théorique est de 7 200 €. Si la mise en service a lieu en cours d’année, réduisez cette somme au prorata du temps utilisé.
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Dossier
Rangez dans un seul dossier la facture détaillée, la preuve de paiement, la carte grise, la date de mise en service et, si vous équipez le fourgon, des lignes séparées pour l’habillage, la galerie, le rangement atelier ou l’attelage. Les pièces comptables doivent être conservées 10 ans, et toute déduction de TVA suppose un justificatif valable.2, 7
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TVA
Si vous restez en micro mais que la TVA sur le fourgon change l’équation du projet, étudiez l’option TVA séparément. Un micro-entrepreneur peut renoncer à la franchise en base, devenir redevable de la TVA tout en gardant le statut micro, et l’option prend effet le premier jour du mois où elle est formulée ; la récupération dépend ensuite du type de véhicule et du droit à déduction.6, 7, 8
Pourquoi
- Micro : l’impôt part du chiffre d’affaires et applique un abattement forfaitaire.
- Réel : l’impôt suit les recettes, les charges et les amortissements admis.
C’est pour cela qu’un même fourgon reste fiscalement « invisible » en micro, mais devient traçable si vous passez au réel.3, 4, 9
Erreurs courantes
- Symptôme : « Mon fourgon est 100 % pro, donc je peux l’amortir. » Cause probable : confusion entre usage professionnel et régime fiscal. Correction : vérifiez d’abord votre régime ; l’usage pro ne suffit pas si vous restez en micro.2, 3, 4
- Symptôme : « J’ai acheté le fourgon, mais mes cotisations n’ont pas baissé. » Cause probable : le micro-social ne regarde pas vos dépenses. Correction : c’est normal en micro ; comparez le forfait avec vos coûts réels avant tout autre achat lourd.5
- Symptôme : « Je pensais récupérer la TVA alors que je suis en franchise. » Cause probable : confusion entre régime micro et régime TVA. Correction : vérifiez si vous avez opté pour la TVA ou si vous êtes devenu redevable ; sinon, la TVA n’est pas récupérable.6, 7
- Symptôme : « Le vendeur parle d’un utilitaire, mais le traitement fiscal ressemble à une voiture particulière. » Cause probable : la catégorie du véhicule ou le nombre de rangs de sièges change la qualification. Correction : relisez la carte grise avant de signer, surtout si le véhicule est aménagé ou possède plusieurs rangs de places.8
- Symptôme : « Ma facture mélange le fourgon et les accessoires. » Cause probable : document trop vague pour suivre proprement la TVA ou la base du bien. Correction : demandez une facture rectifiée ou détaillée avant de classer le dossier.7
- Symptôme : « J’ai acheté le fourgon il y a des mois et je veux amortir maintenant. » Cause probable : vous essayez de corriger un achat fait en micro ou vous n’avez pas noté la date de mise en service. Correction : ne créez pas d’amortissement fictif en micro, reconstituez le dossier d’achat et faites valider le point de départ si vous basculez ensuite au réel.2, 9
- Symptôme : « Je pensais qu’une LOA ou une location longue durée réglerait le problème. » Cause probable : confusion entre mode de financement et régime fiscal. Correction : en micro, changer le financement ne rend pas les charges déductibles au réel.3
Options
Micro pur
Vous gardez le micro si vos frais restent supportables et si vous voulez une gestion simple. Le fourgon n’est pas amortissable, mais vous évitez une comptabilité plus lourde.2, 3
Micro + TVA
Vous gardez le micro fiscal, mais vous sortez de la franchise en base de TVA si la récupération de TVA vaut le coup. Attention : cela n’ouvre pas l’amortissement à lui seul.6, 7, 8
Régime réel
Vous passez au réel si le fourgon, les accessoires fixes et les autres frais pros pèsent lourd. Là, vous pouvez suivre une base amortissable, une durée d’utilisation et une première année au prorata.4, 9, 10
Fourgon équipé
Si vous achetez le véhicule avec habillage, galerie, rayonnage ou balisage, demandez des lignes séparées sur la facture. Vous gagnerez du temps, surtout si vous restez en micro aujourd’hui mais préparez un autre régime demain.2, 7
Préparer et archiver
Avant l’achat
Faites deux simulations sur une feuille : rester en micro, ou sortir vers un régime réel. Vérifiez aussi la qualification du véhicule avant de verser un acompte.4, 8
Archivage
Créez un dossier « Fourgon 2026 » avec facture, preuve de paiement, carte grise, date de mise en service et kilométrage de départ. Les pièces comptables doivent être conservées 10 ans.2
Deuxième véhicule
Si vous ajoutez un second utilitaire, ouvrez une fiche séparée par véhicule et recontrôlez vos seuils micro et TVA avant de signer un nouvel achat lourd.4, 6
À surveiller
- Les seuils du régime micro évoluent : pour 2026, ils sont fixés à 203 100 € en vente et 83 600 € en prestations de services ou BNC.4
- Les règles de franchise en base de TVA et l’option TVA peuvent évoluer, tout comme les seuils de sortie.6
- Le calendrier de facturation électronique approche : réception obligatoire à partir du 1er septembre 2026, émission pour les micro-entreprises à partir du 1er septembre 2027.1
- La qualification du véhicule peut changer si vous ajoutez des sièges ou transformez l’aménagement intérieur.8
- Pour certains utilitaires propres ou transformés à l’électrique d’un PTAC d’au moins 2,6 tonnes, une déduction exceptionnelle peut s’ajouter jusqu’au 31 décembre 2030. Cela n’a d’intérêt que si votre résultat est calculé au réel.4, 11
Questions fréquentes
Peut-on amortir un fourgon en auto-entreprise ? — régime micro
Non si vous restez au régime micro. Oui seulement si vous passez ensuite au réel.2, 3, 4
Un utilitaire et une voiture particulière, c’est pareil fiscalement ? — TVA et taxes
Non. Pour la TVA et certaines taxes, la qualification du véhicule compte beaucoup.7, 8
Puis-je récupérer la TVA sans quitter la micro ? — Parfois oui
Parfois oui. Vous pouvez rester micro fiscalement tout en devenant redevable de la TVA, si vous renoncez à la franchise ou si vous dépassez ses seuils.6, 7, 8
Mes cotisations sociales baissent-elles si j’achète le fourgon ? — Pas automatiquement
Non, pas automatiquement. En micro, elles sont calculées sur le chiffre d’affaires déclaré.5
Faut-il créer une société pour amortir ? — Pas forcément
Pas forcément. Le point clé est surtout de quitter le régime micro pour un régime réel adapté.4
Que faire si j’ai déjà acheté le fourgon ? — Gardez toutes les
Gardez toutes les pièces, n’inventez pas un amortissement en micro, et faites valider le point de départ si vous basculez ensuite au réel.2, 9
Les accessoires du fourgon suivent-ils la même logique ? — En micro, non
En micro, non. Si vous passez au réel, faites-les détailler séparément sur la facture.2, 3, 7
Une LOA ou une LLD règle-t-elle le problème de l’amortissement en micro ? — Changer le financement
Non. Changer le financement ne transforme pas le régime micro en régime réel.3
Checklist express
- J’ai confirmé si je suis toujours en micro.
- J’ai calculé mon forfait actuel.
- J’ai listé le coût annuel réel du fourgon.
- J’ai comparé mon chiffre d’affaires aux seuils 2026.
- J’ai vérifié la catégorie du véhicule avant achat.
- J’ai choisi mon scénario : micro pur, micro + TVA, ou réel.
- J’ai rangé facture, carte grise et preuve de paiement dans un seul dossier.
- Si je passe au réel, j’ai noté la date de mise en service et la base amortissable.
Note fiscale
Information générale, pas de conseil personnalisé. Avant de changer de régime ou de signer un financement, faites confirmer votre cas par votre service des impôts des entreprises ou votre expert-comptable.
Sources
- impots.gouv.fr — À partir de quand suis-je concerné par la réforme de la facturation électronique ?
- Bercy Infos Entreprises — Micro-entrepreneur (auto-entrepreneur) : quelles sont vos obligations ?
- impots.gouv.fr — Je suis micro-entrepreneur, puis-je déduire des charges ?
- Bercy Infos Entreprises — Micro-entreprise, régime réel et déclaration contrôlée : les 3 régimes d’imposition des entreprises
- Bercy Infos Entreprises — Micro-entreprises, quel est le montant de vos cotisations sociales ?
- impots.gouv.fr — Obligations déclaratives en matière de TVA pour les micro-entrepreneurs
- impots.gouv.fr — Comment déduire la TVA sur mes achats ?
- BOFiP — TVA : véhicules ou engins de transport de personnes
- BOFiP — Régime de l’amortissement linéaire
- BOFiP — Base de l’amortissement des biens acquis à titre onéreux
- BOFiP — Déductions exceptionnelles pour véhicules utilitaires propres et à émission nulle
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